TRAVAUX D’HERCULE – La Chine rase des montagnes pour construire une ville

4 février 2013
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Sur les rives du fleuve Jaune, à Lanzhou (Frederic J. Brown / AFP)

Une légende chinoise, souvent citée par Mao, raconte qu’un vieux paysan, Yukong, était parvenu, au prix d’intenses efforts, à déplacer deux montagnes qui bloquaient l’accès à sa maison. Aujourd’hui, la Chine capitaliste ne déplace plus les montagnes, elle les aplatit.

Pour le géant asiatique, rien n’est impossible. Besoin d’ériger des immeubles en plein milieu du désert ? D’approvisionner en eau, en électricité et en routes toute une métropole dans une région isolée ? C’est dans les cordes des principaux promoteurs de Chine. Mais quand le désert en question est parsemé de montagnes, les entreprises font fi du relief pour faire émerger des gratte-ciel.

Près de Lanzhou (capitale de la province du Gansu), le groupe privé China Pacific Construction, l’un des plus importants de Chine, a engagé de colossaux travaux d’aplanissement de sept cents montagnes. L’objectif est d’étendre Lanzhou, déjà titulaire du titre de ville la plus polluée de Chine, selon l’Organisation mondiale de la santé, sur une surface de 130 000 hectares. Peu importe que la ville soit entourée de montagnes, les obstacles naturels n’effraient pas les promoteurs.

Présentation de la Lanzhou New Area par China Pacific Construction (un conseil : baissez le volume de votre navigateur pour protéger vos oreilles de la musique épique de cette vidéo promotionnelle) :

 

USA Today publie, lundi 4 février, un compte rendu des premiers mois de travaux, qui ont débuté en octobre, et décrit le travail titanesque des douzaines de pelleteuses et cinq cents camions-bennes à l’œuvre sept jours sur sept pour creuser les montagnes. Les ouvriers rencontrés, payés à des salaires avantageux, sont fiers de travailler pour ce programme : « C’est le plus grand projet d’aplanissement de montagne dans le pays. C’est la preuve de la puissance de la Chine », témoigne l’un d’eux.

Le PDG de China Pacific Construction, Yan Jiehe, souvent comparé au magnat Donald Trump et surnommé « le bulldozer » dans son pays, ambitionne de créer en cinq ans une cité qui serait une « oasis dans le désert », « mi-Venise, mi-Las Vegas ». Il a investi 3,5 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros) pour cela, auxquels d’autres promoteurs ont ajouté près de 5,5 milliards d’euros.

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